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Enseignement » Séminaires et cours » Séminaire passés » 2010-2013 Affreux, sales et méchants

Institut d'Histoire de la Révolution Française (IHRF)

 

IHRF-IHMC
(UMR8066, CNRS/ENS/Paris 1)

 

Fondé en 1937 à l’initiative de Georges Lefebvre, l’Institut d'Histoire de la Révolution Française est rattaché à l’UFR d’Histoire (09) de l’Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne.
Présentation complète

 

17, rue de la Sorbonne

Esc. C, 3e étage

75005 Paris

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Chargé de communication

Opens window for sending emailAlexis Darbon

 

Bibliothèque

Mardi et mercredi (10h-17h)

Thomas Corpet (septembre 2017)

Tél.: 01 40 46 33 70

hist.revol@univ-paris1.fr

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2010-2013 Affreux, sales et méchants

Dans le cadre de la problématique portée par l’IHRF au sein du quadriennal validé par l’EA 127, la réflexion se poursuit sur la République, sa genèse et sa construction en tensions. Désormais ce sont les marges de la République qui vont être durablement explorées. Le séminaire se déroulera sur trois ans, de 2010 à 2013.

 

Programnes

 

Il s’agit dans ce séminaire de porter le regard, non plus au cœur du mode de fonctionnement de la République, dans ses aspects historiques et théoriques comme les deux premières années du séminaire, mais aux confins du cercle de la citoyenneté républicaine, là où les identités fragiles, éphémères, souvent stigmatisées, révèlent sans fards les moyens de la distinction, voire d’exclusion, de l’être républicain. C’est aussi par la distinction ou l’exclusion d’un Autre toujours polymorphe qu’ont pu être élaborés et appropriés les fondements de la citoyenneté.

 

Le titre du séminaire interpelle délibérément, car il pose la question non seulement des formes de rejets divers qui ont frappé des catégories entières de population, non seulement après 1789 ou 1792, mais également avant pendant et après la Révolution.

 

Il ne saurait être question d’oublier que la République a reconnu l’universalité du genre humain comme jouissant sans discussion des droits de l’Homme. C’est là un acquis essentiel de la Révolution. Cependant, la réalité fut bien plus complexe à organiser, à faire fonctionner dans cet agrandissement sans précédent du cercle de la citoyenneté. Les républicains furent parfois opposés entre eux sur la définition de celles et ceux qui pouvaient intégrer la Polis, sans même évoquer la part des anti- et contre-révolutionnaires qui contestèrent souvent cette vision universelle des droits de l’Homme.

 

Le thème de réflexion mérite d’être encore précisé. Tout d’abord qui se trouve sur les marges de la Polis ? Des "sauvages" aux sourds et muets, des aveugles aux aliénés, on trouve ainsi une série de personnes toutes différentes, mais partageant une part de cette extranéité, cette étrangeté avers et envers d’une « républicanité » en édification. En effet, la république ne pose pas seulement la question objective des critères à accumuler pour devenir citoyen, mais pose ontologiquement la question de la nature de l’étant dans sa capacité à accéder à l’être républicain. Dès lors, la question de la science de l’homme ou de l’anthropologie s’impose comme centrale dans la définition même du projet républicain. A partir de 1792, puis avec force à partir de 1795, les adversaires de la République ne s’y tromperont et tenteront de dessiner à leur tour les contours d’un cercle de l’humanité...

 

De ce fait, une grande complexité se construit dans la seconde moitié du XVIIIe siècle qui croise autant l’histoire des sciences, que l’histoire du politique, l’histoire économique, sociale et culturelle. Plusieurs questions traverserons ce séminaire : Qui est l’autre ? Comment le classer ? Quelle est sa place ? Comment l’intégrer à une nouvelle configuration de la cité royale ? citoyenne, républicaine, impériale puis re-monarchisée, avant 1789 ? puis après 1789 ? 1793 ? 1795 ? 1799 ? 1802 ? 1815 ?

 

Afin d’aborder ces questions nombreuses, ce séminaire a pour ambition introductive d’ouvrir la réflexion de façon large et précise à la fois, sur des espaces éloignées à priori d’une histoire classique du politique en révolution. Fidèle à l’ouverture assumée depuis deux ans au sein de l’IHRF, les différentes séances ont pour objectif d’ouvrir largement les problématiques sur le temps de l’avant 1789 et de l’après 1799, et sur un espace autre que les frontières de l’hexagone, tout en conservant la notion de Révolution (mais déclinée sous toutes ses formes) au centre des interrogations méthodologiques, épistémologiques et historiographiques.

 

C’est pourquoi ce séminaire ira de la question animale et de ses implications politiques, à celle de la race et du peuple tout en interrogeant, dans cette première partie, aussi bien l’espace polynésien que la condition des populations noires dans les colonies ou la question des musulmans sur le territoire de l’Empire au début du XIXe siècle. Il s’agit en toute conscience historique de poser la question de la dignité humaine et des droits irréductibles des femmes et des hommes, en posant une hypothèse de recherche volontairement décalée, consistant à penser l’organisation politique des sociétés républicaines par une réflexion sur la marge humaine.

 

Un des paris méthodologiques de cette première partie du séminaire de l’IHRF va tenter d’éclairer cette hypothèse de travail : ce n’est pas seulement une pensée humaine qui détermine la place des animaux dans un contexte historique, c’est la place dévolue aux animaux qui induit les formes de représentations et de classement des plus faibles dans un système social et politique complexe. Les hommes de la Révolution l’ont compris. Ont-ils réussi à régler le problème ? n’ont-ils fait que le déplacer ?